L'ultrafiltration pour la protection d'installations ostréicoles

Comment protéger les bassins ostréicoles des norovirus ?

Les norovirus, présents dans les eaux marines et responsables d’épidémies de gastro-entérite, représentent un défi majeur pour les professionnels de l’ostréiculture, qui voient régulièrement leurs productions impactées, notamment pendant les périodes festives de fin d’année. Face à ce constat, des réponses innovantes sont développées afin de protéger les installations ostréicoles, et particulièrement les bassins de stockage. Le projet Ultranoro propose d’étudier une solution potentielle : l’ultrafiltration pour purifier l’eau de mer.

 

Comment le norovirus s’invite dans nos assiettes

Le parcours des norovirus avant contamination est désormais bien connu. Tout commence dans les selles des personnes infectées, qui contaminent les eaux usées. Lorsque ces eaux sont insuffisamment traitées ou lors de fortes pluies, elles peuvent se déverser dans l'environnement puis dans la mer où se trouvent les huîtres. Ces mollusques, véritables filtres vivants, pompent jusqu’à 5 litres d’eau de mer par heure pour se nourrir et accumulent les virus dans leurs tissus. 

Les norovirus peuvent persister plusieurs semaines dans l'huître, sans altérer l'apparence ou le goût du coquillage. Sa dose infectieuse est très faible : une quantité de 18 particules virales est susceptible de provoquer une infection, ce qui augmente d’autant plus les risques de tomber malade après avoir consommé des huitres contaminées.

Éviter des pertes importantes pour la filière dans le futur

En 2023, les pertes liées au norovirus ont atteint 7 millions d'euros uniquement pour le Bassin d'Arcachon, et potentiellement entre 21 et 28 millions d'euros au niveau national, selon les estimations du CNC. Les résultats du projet Ultranoro doivent permettre de fournir une solution viable à la profession qui subit régulièrement de fortes pertes, en proposant une solution susceptible de permettre aux professionnels de continuer à pomper de l’eau de mer purifiée, même en présence avérée des norovirus sur le littoral, afin d’alimenter des stocks non contaminés.

Pour stopper les norovirus détectés à la fois dans les stations d’épurations, les cours d’eau, l’océan Atlantique mais également dans les animaux placés sur l’estran, une unité d’ultrafiltration protège les huitres présentes dans un bassin mis à disposition par un professionnel ostréiculteur. Capable de traiter 15 m3.h-1, elle est mise en place de février à avril 2025 sur deux sites ostréicoles en Loire-Atlantique et Vendée.